Epiphanie de sang

janvier 7th, 2011
Epiphanie de sang

Le sang est encore visible sur les portes de la cathédrale d'Alexandrie en ce jour d'Epiphanie du Christ

Ils n’ont ni or, ni encens, ni myrrhe. La science  et toutes les richesses d’ici-bas ne sont pas dans leur bagage. Les somptueuses cassettes qu’ils apportent au Sauveur ne contiennent rien de précieux aux yeux du monde. Elles sont pourtant pleines à craquer. Pleines de leur propre vie, pleines de leur propre sang.

Ils viennent d’Orient eux aussi. Ils se sont prosternés pour toujours devant le Seigneur avec la même déférence que les antiques Rois Mages. Parés de leur propre oblation, de leur offrande unique ils ont rendu l’ultime hommage au petit enfant qui gisait là devant eux pour la gloire de Dieu et le salut du Monde.

Il faut croire que le sang de nos frères d’Irak, d’Egypte et d’ailleurs – qui sont nos Rois –  ne coule pas en vain. Il faut croire que, versé au nom de Jésus, il deviendra le vin eucharistique des Noces de l’Agneau. Il faut croire qu’il bat déjà dans les veines de toute l’Eglise portée par la foi, ivre d’Espérance et pleine d’un mystérieux amour pour les bourreaux de ses fils.

Mais de la même manière qu’Hérode prit peur en apprenant que les Mages étaient venus adorer le roi des rois, il y a 2011 ans, à Bethléem en Judée, l’angoisse nous saisit.

Car nous savons que l’énigmatique étoile qui a mené nos nouveaux Rois à la crèche, munis d’effrayants présents, n’est autre que l’étoile du martyre. Une étoile qui brille de plus en plus difficilement dans nos consciences enténébrées de chrétiens endormis.

C’est pourtant cette étoile qu’il faut dès maintenant planter dans nos coeurs, au plus profond de nos âmes. Une étoile qui nous rappelle l’existence du Ciel. Une étoile dans laquelle nous pouvons déjà discerner la forme victorieuse de la Croix.

De rudes combats seront à mener pour les droits sacrés de tous les hommes mais ils ne pourront sans doute porter du fruit que si nous nous mêlons à un autre combat – éminemment spirituel. Le combat tous ceux qui seront venus au Christ par le chemin abrupte de la mort pour repartir “par une autre route”, celle de la Vie éternelle.

Les imposants linteaux de cette nouvelle année, qui s’ouvre devant nous, viennent donc d’être enduits du sang de nos frères d’Orient. Qu’il nous protège à jamais de l’exterminateur, de la vengeance, de la lâcheté et du silence. Qu’il nous mène vers la Pâque infinie de Jésus.

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Pour soutenir les chrétiens d’Orient, vous aussi signez la lettre ouverte ci-dessous à Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères.

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